Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 19:02

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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   La soirée sous la lampe - Pierre Bonnard (1921)

 

 

 

 

 

 

UN SOIR

 


Nous sommes là, ce soir, paisibles sous la lampe.


Mon père lit, sa main pâle contre sa tempe ;


Mon frère est accoudé, les yeux ailleurs, auprès


De ma mère qui brode avec ses doigts distraits


Où luit le reflet lent du foyer sur ses bagues ;


Parfois le chien, perdu dans ses beaux songes vagues,


Etire de paresse et d'aise son flanc creux ;


Et je rêve, parmi le grand silence - heureux.


Nous sommes là, ce soir d'hiver, humble famille,


Ecoutant à l'horloge indécise qui brille


Dans l'ombre, palpiter les instants fugitifs,


Groupés devant le feu, comme des primitifs.

 

 

 

Fernand Gregh

 

 

 

 

 

 

 

 

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  La brodeuse - Jacques Barcat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Printemps

 

 


Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !


Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,


Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !


Les peupliers, au bord des fleuves endormis,


Se courbent mollement comme de grandes palmes ;


L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;


Il semble que tout rit, et que les arbres verts


Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.


Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;


Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,


A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,


Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

 

 


Victor Hugo - Toute la lyre

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par Odilie - Publié dans : Picorées littéraires
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Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 18:28

 

 

 

 

 

Ce n’est pas vraiment mon habitude de laisser des chansons mais en voici une troisième avant de repartir

 

Elle ne présage que du bonheur de faire partie, le moment venu, du paradis des musiciens.


A bientôt. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Odilie - Publié dans : Butinages artistiques
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Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 17:28

 

 

 

 

 

 

Avec Georges Brassens pas de déception possible, si ce n'est  celle de l'avoir vu disparaître bien trop tôt.


(22 octobre 1921 - 29 octobre 1981) 

 

 

 

 

 

 

 

 

georges-brassens-2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

brassens 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Odilie - Publié dans : Butinages artistiques
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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 15:23

 

 

 

 

Partir sans crier gare !

 

Revenir un instant pour dire merci et pardon à tous mes amis de ce total mutisme. Mais c'est ainsi. Je n'ai plus rien à dire ni à montrer qui vaille.

 

Et je vais repartir jusqu'au début de l'année prochaine sans savoir si je pourrai faire un signe de temps à autre.

 

Je vous embrasse tous en attendant des jours meilleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

hopper

 

 

Edward Hopper

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

bistrot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Odilie
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 17:31

 

 

 

 

 

 

 

 

  Hopper-22-Edward-la-machine-a-coudre.jpg

 

Edward Hopper - La Machine à coudre

 

 

 

 

 

 

La machine Singer

 


Une machine Singer dans un foyer nègre,
arabe, indien, malais, chinois, annamite,
ou dans n'importe quelle maison
sans boussole du tiers monde
c'était le dieu lare qui raccommodait
les mauvais jours de notre enfance.

 


Sous nos toits son aiguille tendait
des pièges fantastiques à la faim,
son aiguille défiait la soif.

 


La machine Singer domptait des tigres
la machine Singer charmait des serpents
elle bravait paludismes et cyclones
et cousait des feuilles à notre nudité.

 


La machine Singer n'était pas tombée
des dernières pluies du ciel :
elle avait quelque part un père,
une mère, des tantes, des oncles,
et avant même d'avoir des dents pour mordre
elle savait se frayer un chemin de lionne.

 


La machine Singer n'était pas toujours
une machine à coudre attelée jour et nuit
à la tendresse d'une fée sous-développée.

 


Parfois c'était une bête féroce
qui se cabrait avec des griffes
et qui écumait de rage
et inondait la maison de fumée

 


et la maison restait sans rythme ni mesure
la maison cessait de tourner autour du Soleil
et les meubles prenaient la fuite
et les tables surtout les tables
qui se sentaient très seules au milieu du désert de notre faim
retournaient à leur enfance de la forêt

 


et ces jour-là nous savions que Singer
est un mot tombé d'un dictionnaire de proie
qui nous attendait parfois derrière les portes
une hache à la main !


 

René Depestre

 

 

 

Grand écrivain et poète Haïtien né en 1926 à Jacmel. Son père disparaît en 1936. La famille est pauvre et vit des travaux de couturière de sa mère. Il vit depuis de nombreuses années dans les Corbières audoises.


« C'est grâce aux sacrifices de ma mère avec une machine à coudre que nous avons pu faire nos études. Elle voulait absolument qu'on fasse tous les cinq des études, qu'on aille au moins jusqu'au baccalauréat et même, dans mon cas, elle voulait que je sois médecin. C'est pour ça que dans mes poèmes la machine Singer occupe une place aussi importante. »

 

 

 

 

 

 

Machine-a-coudre-sur-la-route-22.jpg

 

 

Précieux outil, encore et toujours...

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Odilie
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