Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 16:29

 

 

 

 

 

 

 

Aussi indispensables l'un que l'autre parce que c'est du plaisir qui revient à heure fixe.

 

 

 

 

The-tasse-111.jpg

 

 

 

 

 

Le Thé

 

 

Miss Ellen, versez-moi le Thé
Dans la belle tasse chinoise,
Où des poissons d’or cherchent noise
Au monstre rose épouvanté.

 

 

J’aime la folle cruauté
Des chimères qu’on apprivoise :
Miss Ellen, versez-moi le Thé
Dans la belle tasse chinoise.

 

 

Là, sous un ciel rouge irrité,
Une dame fière et sournoise
Montre en ses longs yeux de turquoise
L’extase et la naïveté :
Miss Ellen, versez-moi le Thé.

 

 

Théodore de Banville

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonnard- Pierre Jaune et rouge la nappe à carreaux

 

Pierre Bonnard - "Jaune et rouge la nappe à carreaux"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonnard-la--nappe.jpg

 

Pierre Bonnard - "La nappe à carreaux rouges ou Déjeuner au chien"

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Bonnard-et-son-teckel.jpg

 

Et puis pour terminer pourquoi pas Monsieur Bonnard et son ami le teckel  ?

 

 

 

 

 

 

 

Par Odilie - Publié dans : Butinages artistiques
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 16:07

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.


(Malherbe)

 

 

 

 

 

 

sabine sicaud couv

 

 

 

 

 

 

 

 

De l’aube à l’aurore, l’instant est si court ! Comme l’existence de Sabine Sicaud faite de poèmes et de souffrances !


Si vous aimez la poésie et ne connaissez pas encore cette très attachante  jeune fille, enfant-poète,  vous devriez être enchantés de ce que vous allez découvrir d’elle sur son site.

 

 

 

Sabine Sicaud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sabine-sicaud-la-solitude-333.jpg

 

"La Solitude", maison familiale de Sabine Sicaud à Villeneuve-sur-Lot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sabine-et-Dickette-222.jpg

 

Sabine et Dickette

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Odilie
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 15:32

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Sabine Sicaud : la glycine

 

 

 

  Glycine 222

 

 

 

 

 

Ô beau pied de glycine
Qui rampes sur le toit!
Glycine en fleurs, tendre glycine – bleu pavois
Des grilles, des balcons, des murs trop neufs, des toits
Trop vieux – souple glycine !

Ce matin, sous le ciel frémissant comme toi,
C’est dans tes grappes et tes feuilles,
Tout le miracle bleu du printemps qui m’accueille !

 

 

 

 

 

 

glycine 11111

 

 

 

 

 

 

En papillons, du bleu s’effeuille…
Du bleu… du bleu nuancé de lilas,
De violet si doux qu’on ne sait pas
Si l’on voit des touffes d’iris ou de lilas.

Par terre est un champ de pétales.
Jacinthes, violettes pâles ?
Non, mais, en l’air, une guirlande qui s’étale,
Qui s’effrange, qui glisse en gouttes de satin…

Il pleut mauve. Il a plu cette nuit, ce matin.
La terre est mauve ; l’herbe mauve. Le jardin
Est un jardin pareil à ceux que j’imagine
Autour d’un petit pont sur des lotus, en Chine.

 

 

 

 

 
glycine 999

 

 

 

 

 

 

Jardins d’Asie… Ombre au pied des collines,
Toits retroussés, bassins fleuris et murmurants…
C’est comme un frais bonheur inconnu qui me prend,
Un bonheur du matin, fait d’air si transparent,
De couleurs et d’odeurs si fines,
Qu’on y sent toute l’âme en fête des glycines !

 

 

 

 

 

glycine 10

 

 

 

 

 

Ô glycine, collier des gouttières chagrines,
Manteau léger du parc aux grands escaliers blancs
Et de la pierre des vieux bancs
Devant les chaumes en ruines ;

- Treille aux raisins d’azur, festons d’argent,
Vitrail d’évêque où chaque palme dessine
Entre des pendentifs d’améthystes, en rangs;
Flocons d’encens, clairs sachets odorants,
Qui tombent sur mon front, sur ma poitrine,
Comme un présent de mai !


- Glycine,
Dont le nom grec veut dire : doux, douceur,
Vin sucré… dont le nom est comme une liqueur,
Comme un parfum dans la brise câline,
Dont le nom, doucement, glisse comme tes fleurs,
Je te salue au seuil du Bel Été, Glycine…

 

 

(Sabine Sicaud, Poèmes d’enfant, Poitiers, Cahiers de France, 1926)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Par Odilie - Publié dans : Picorées littéraires
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 15:42

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Césaire lisant

 

 

 

 

 

 

[…]


Et moi, et moi,

Moi qui chantais le poing dur

Il faut savoir jusqu'où je poussai la lâcheté.

Un soir dans un tramway en face de moi, un nègre.

C'était un nègre grand comme un pongo qui essayait de se faire tout petit sur un banc de tramway. Il essayait d'abandonner sur ce banc crasseux de tramway ses jambes gigantesques et ses mains tremblantes de boxeur affamé. Et tout l'avait laissé, le laissait.

[…]


C'était un nègre dégingandé sans rythme ni mesure.

Un nègre dont les yeux roulaient une lassitude sanguinolente.

Un nègre sans pudeur et ses orteils ricanaient de façon assez puante au fond de la tanière entrebâillée de ses souliers.

La misère, on ne pouvait pas dire, s'était donné un mal fou pour l'achever.

Elle avait creusé l'orbite, l'avait fardée d'un fard de poussière et de chassie mêlées.

Elle avait tendu l'espace vide entre l'accrochement solide des mâchoires et les pommettes d'une vieille joue décatie. Elle avait planté dessus les petits pieux luisants d'une barbe de plusieurs jours. Elle avait affolé le coeur, voûté le dos.

Et l'ensemble faisait parfaitement un nègre hideux, un nègre grognon, un nègre mélancolique, un nègre affalé, ses mains réunies en prière sur un bâton noueux. Un nègre enseveli dans une vieille veste élimée. Un nègre comique et laid et des femmes derrière moi ricanaient en le regardant.

Il était COMIQUE ET LAID,

COMIQUE ET LAID pour sûr.

J'arborai un grand sourire complice...

Ma lâcheté retrouvée !

Je salue les trois siècles qui soutiennent mes droits civiques et mon sang minimisé.

[…]


Extrait de Cahier d'un retour au pays natal - Aimé Césaire. Ed. PRESENCE AFRICAINE / Poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rue-Cases-negres-222jpg.jpg

 

 

 

 

 

Images extraites de "Rue Cases-Nègres",  premier long métrage d’Euzhan Palcy, d’après le roman autobiographique de l'écrivain, poète et conteur martiniquais Joseph Zobel.

 

 

 

 

 

 

 

Rue-Cases-negres-111.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Odilie - Publié dans : Picorées littéraires
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 19:25

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Donald Zolan (1937 – 2009), est un peintre américain de grande notoriété.  C’est le peintre de l’enfance lumineuse, idéalisée, comme on l’aime. Son regard sur les enfants est  d’une grande beauté même si son pinceau est un peu trop minutieusement lisse à mon goût.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zolan-petite-fille-aux-livres-666.jpg

 

 

 

 

 

 

Il porte un oiseau dans son cœur,

L'enfant qui joue des heures, seul,

Avec des couronnes de fleurs

Sous l'ombre étoilée du tilleul.

 

 

 

 

 

 

 

Zolan 55555 petite fille chenille

 

 

 

 

 

 

Il semble toujours étranger

À ce qu'on fait, à ce qu'on dit

Et n'aime vraiment regarder

Que le vent calme du verger.

 

 

 

 

 

 

 

Zolan-Petit-garcon-et-l-oie-888.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Autour de lui, riant d'échos,

Le monde est rond comme un cerceau.

 

                   Maurice Carême

 

 

 

 

 

 

 

Zolan-pet-garcon-fenetre-777.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zolan-petit-garcon-et-son-frere-222.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zolan-petite-fille-dormant-avec-le-chat-333.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zolan-2-enfants-qui-courent-111.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Odilie - Publié dans : Butinages artistiques
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés